Expos en Pays de Landivisiau

 

L'écume des songes

L’Écume des Songes

 

À Guilmiliau, le Centre d’interprétation -Les Enclos, ouvert depuis un an, en collaboration avec Équipôle, le cheval s’expose. Patrimoine du Pays de Landivisiau, le cheval est mis en scène par Sara Viguié Foxa, une artiste plasticienne, également restauratrice d’œuvres d’art, soucieuse de la préservation et du rayonnement du patrimoine breton. Une exposition onirique et fantastique où le cheval est représenté en sculptures, en peintures, en dessins, en polychromie, en dorures. En mode baroque flamboyant. Six mois auront été nécessaires à l’artiste pour créer cette mise en valeur originale et illuminée, autour de 42 œuvres qui racontent ce lien intime entre l’équidé, qu’il soit ou non imaginaire, et l’humain, qu’il soit ou non artiste. L’Écume des Songes… il parait que « c’est un atelier qui rêve, un pinceau qui raconte et un cheval omniprésent !»

 

Jusqu’au 25 octobre. Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine ou la (re)découverte des enclos paroissiaux, outdoor et dans un espace moderne et aéré, scénographié. Guilmiliau. www.ciap-enclos.fr

 

 

Fous ? visages de la folie à la Renaissance

Fou ? Visages de la folie à la Renaissance

 

À Saint-Vougay, au Château de Kerjean, jadis manoir, les visages de la folie en pleine période humaniste, alors que l’homme devient le centre des préoccupations, proposent une critique de la société. Tous fous ? La folie est abordée par l’absurde, (re)visitée à l’apogée de la Renaissance. La folie n’est pas prouvée, pas davantage son contraire. Être ou ne pas être fou, cela demeure une énigme. Les artistes se font écho pour tenter de circonscrire le sujet, en l’abordant à l’envers. Notamment Jérôme Bosch (Le Jardin des délices), Sébastien Brant (La Nef des fous), Érasme (l’Éloge de la folie) et Nicolas Fedorenko, artiste plasticien contemporain, qui a créé 8 œuvres en céramique représentant la folie.

 

 

Fous ? visages de la folie à la Renaissance

Jérôme Bosch est l’une des figures tutélaires de la romancière Amélie Nothomb. D’ailleurs « Soif » (Albin Michel, 2019) est peut-être le roman le plus adapté, à lire au sortir de cette exposition qui assoiffe autant qu’elle désaltère. Jérôme Bosch explore la folie déviante dans une œuvre foisonnante et kitchissime. Un triptyque à clés qui, une fois refermé, laisse apparaître un autre tableau. Cette peinture se lit comme une bande dessinée, sur la création du monde. À l’origine tout est paisible et harmonieux. Les animaux imaginaires côtoient Adam et Ève, unis par Jésus. La fontaine laisse couler une eau pure. Soudain, c’est le chaos. Lors de la fête dionysiaque, hommes et nymphes, détruisent la nature en prétendant la dompter. Les animaux, la faune, la flore sont assujettis. C’est la fin du nombre d’or, d’une architecture parfaite du monde, qui court à sa perte. C’est la décadence, la crucifixion. Le ciel enténébré prend feu, les jeux de hasard -la chance, symbolisent le péché, les instruments de musique représentent la folie, c’est phallique et démoniaque.

 

Fous ? visages de la folie à la Renaissance

Plus tard, l’exposition entend soigner la folie, source des sept péchés capitaux (visionner les scènes de genre de Pieter Bruegel l’Ancien et « The seven deadly sins » d’Antoine Roegiers). La folie serait une maladie liée à un déséquilibre des humeurs. À chaque fou (furiosus, le criminel ; insanus, le malade ; fatuus, l’idiot), correspondrait un type de folie (léthargie, frénésie, mélancolie, hystérie féminine). À chaque type de folie, correspondrait un soin : les plantes et les pèlerinages thérapeutiques. Prier Saint Mathurin ou Saint Colomban et plonger la tête du fou dans l’eau bénite. Plus drastique : attacher le fou plusieurs heures autour d’un rocher. « La pharmacie bretonne », en 117 fioles d’eaux de fontaines, de l’artiste Daniel Spoerri est une référence, comme les « Œuvres complètes » d’Ambroise Paré

 

Fous ? visages de la folie à la Renaissance

L’exposition met en scène une théorie : les fous auraient dans la tête une « pierre de folie ». Prétexte qui permettait au corps médical d’opérer cette tumeur, sans anesthésie. Ils extrayaient le caillou du crâne et le patient était guéri de ses tourments pendant un an. Un prêtre assistait, accompagné de son aide, figurée avec un livre sur la tête (ignorante).

Le fou aurait aussi un costume, ici en vert et jaune, reproduit par une troupe de théâtre qui vise la réinsertion sociale des malades par le théâtre. Ce n’est pas tout : le fou aurait son animal fétiche. L’âne, aussi borné que lui.

 

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Fous ? visages de la folie à la Renaissance

ou, mais pas que… « Fou de cour » qui, sous François 1er, dans l’intimité du roi, le flattait, et le conseillait. La voix du peuple. Au théâtre, ces fous s’adonnent aux Sotties, des pièces satyriques. En littérature, Sébastien Brant a identifié une liste de 112 vices. Allégorie d’une histoire : les pêcheurs dans leur nef, tentaient d’atteindre la terre des fous. Véritable arche de Noé, le bateau n’arrivera jamais en Narragonie, empruntant la voie de la perdition. De son côté, Érasme a pris les traits de Dame Folie pour écrire son Éloge. D’autres œuvres, d’autres inepties : apprendre le respect par l’humiliation, est-ce là la logique ? Et si les adultes se comportaient comme des enfants insouciants. Insouciants ? Sans raison ? Or l’absence de raison mène à la folie ? Au comportement déviant ? À la lente désocialisation ? Qui a raison, qui est sage ? Qui peut le dire ?

 

Jusqu’au 3 novembre. Château de Kerjean, Saint-Vougay. www.cdp29.fr

 

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