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La Réparation, drame-thriller de Régis Wargnier (1h44)

Régis Wargnier
La Réparation

 

Un long-métrage merveilleusement romantique et habilement amoral. Le cinéma avec un grand C, dans toute sa puissance émotionnelle. Un conte de fées, entre Finistère Nord et république de Chine : Taïwan. Le dénominateur commun entre cet Occident et cet Orient ? Deux territoires face à l’océan, à l’indépendance chevillée au cœur ; la forêt en majesté et ses secrets lyriques, là où aucun réseau ne passe ; les saveurs tantôt boisées, acides, amères et douces. Comme le cœur droit et le cœur gauche synchrones, créés de formes végétales immémorielles : feuilles de lierre, l’attachement et de tilleul, l’amour. Tel est précisément le sujet de « La Réparation » : l’attachement et l’amour, avec à la source, "de l’inspiration et de l’audace".

L’histoire, je croyais l’avoir comprise en écoutant le réalisateur en promo sur les plateaux télé. Elle est bien plus romanesque.

Le chef du Moulin de Rosmadec, Paskal Jankovski (Janko pour les médias qui l’ont consacré), qui borde la rivière paisible et taiseuse, attend, fébrile, sa troisième étoile au Michelin. Pour calmer ses nerfs, il part chasser en compagnie de son second, fidèle bras-droit, Antoine, promis à une non moins brillante carrière aux fourneaux. Lequel est amoureux de Clara, la fille de Paskal. Père et fille vivent en vase clos, au Moulin. Un père caractériel qui refuse que sa fille lui échappe : face à lui, elle demeure une petite fille docile qui lui dit ce qu’il veut entendre. Il est comme ça, ce père, caractériel et possessif.

À l’annonce de l’étoile attendue, Paskal et Antoine ont disparu. Leur absence se prolonge. Pour se soustraire à la rumeur et à la horde médiatique tentaculaire, Clara s’enfuit chez son grand-père en Pologne. Deux ans plus tard, perruquée, la voici Taipei où « on » l’a invitée à un concours de gastronomie. Elle est accueillie par Lian, jeune chef montant du moderne Back Orchid. L’une des 20 figures incontournables de la gastronomie chinoise. Sa cuisine rappelle étrangement celle de Janko, jusqu’à ce dessert que le chef avait élaboré pour sa fille alors qu’elle n’était qu’une gosse, une recette savamment gardée. Le drame devient thriller. Chacune des révélations n’est jamais celle qu’on imagine, de sorte que jusqu’à la dernière seconde, le suspense reste entier, implacable.

Impossible de ne pas verser de larmes face aux réactions des uns et des autres, et aux masques qui tombent. Un film tout en respirations et sensualités maîtrisées.

Clara est interprétée par Julia de Nunez, ici charismatique, fragile et forte. Autant, incarnant BB, l’actrice ne m’avait pas convaincue, autant chez Wargnier, elle transcende l’écran. Son regard magnétique et doux à la fois est bouleversant, mais pas autant que celui, mêlé à une élégante voix suave, d’Antoine: Julien de Saint Jean. Le jeune chef asiatique, interprété par J.C. Lin, affiche une beauté farouche et un sourire irrésistible, sensible à la tranquillité de l'âme humaine. Quant à Clovis Cornillac, son prénom le résume : souverain.

Ce film est une réussite, ce genre de saveurs durable et exquise sur le palais.

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Tag(s) : #lareparation, #regiswargnier, #drame, #thriller, #juliadenunez, #cloviscornillac
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