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Kuniyoshi, de l’estampe au Pixel

La Piscine
Kuniyoshi, de l'estampe au pixel

À l’origine : le Kisokaidō. À l’époque Edo (Tokugawa, 1603-1868), c’est l’une des cinq routes du Japon qui relie Edo au reste du pays (le Gokaidō se compose de : Tōkaidō, Nakasendō, Kōshu Kaidō, Ōshū Kaidō et Nikkō Kaidō).

Nakasendō (off), aussi connu sous l’appellation Kisokaidō (Route de la montagne du centre), relie Edo (Tokyō) à Kyōto, via Honshū. Un réseau montagneux intérieur et secondaire de 69 étapes.

Dans les années 1835-1838, les artistes Eisen et Hiroshige réalisent une série d’estampes gravées sur bois et reconnues pour la fraîcheur de leurs couleurs. Ils y décrivent les 69 étapes du Kisokaidō selon le genre meisho-e (vues iconiques du Japon). Eisen en réalise 47 et Hiroshige, peintre des paysages ruraux et urbains qui trouva en Hokusai une inspiration, 24 (69 relais + 2 : Edo, le départ et Kyōto, l’arrivée). Plus tard, c’est au tour de Kunisada puis Kuniyoshi, le « punk » de l’estampe et de l’Edo (déjouant les interdits de la censure), aussi labellisé ukiyo-e : l’art de se réapproprier le même thème que ses influenceurs, sous un autre prisme. En l’occurrence Utagawa Kuniyoshi affirme sa singularité en puisant dans le théâtre Kabuki et Nō, le folklore, les contes et mythes japonais. L’Orient et l’Occident.

« Il glisse la satire derrière l’héroïsme, la critique sous l’humour, et peuple ses images de mondes fantastiques. Il glorifie des hors-la-loi tatoués, figures de résistance à l’ordre établi, et invente des scènes hallucinées… » indique le DP.

Le gars indocile et rebelle, dont l’oeuvre résume ce qu’est un Artiste, à son tour inspire mangakas, écrivains, street-artistes japonais.

Lui, réalise les étapes du Kisokaidō en 72 estampes. Il en rajoute une pour Edo, au départ. Conceptuel et créatif, son fil rouge est l’humour.

À La Piscine, nouveau centre d’art d’intérêt général, The Place To Be au cœur d’un Brest cosmopolite dans le haut-Jaurès, un lieu non moins agencé avec fantaisie, 54 estampes du Kisokaidō de Kuniyoshi sont installées. Un parcours imaginé avec panache, sur des pans de mur rouge-braise-incandescent. Et, en écho aux représentations du maître japonais, à travers les collaborations d’artistes (pratique déjà prisée par Kuniyoshi qui associait étudiants et éditeurs à ses créations) : Chloé Jafé (photo), Enora Lalet (plasticienne, portraits cuisinés), Franck Leibovici (jardin japonais mêlant gestes-sons et présences ordinaires), Émilie Auffret (bijoux) et David Boisseaux-Chical (AI) qui a réalisé (en collab’ avec une intelligence artificielle donc) 3 clips, d’une durée de 10 minutes. Dix minutes décomposées en séquences-montages de 5 secondes. Cinq secondes d’estampes animées et montées avec une bande-son inédite, parfois explosive (comme ce RAP de OUF). Images et sons s’harmonisent à la perfection et modernisent encore davantage (était-ce possible ?) l’iconoclaste Kuniyoshi.

À vous de découvrir de quelles estampes David Boisseaux-Chical s’est inspiré pour créer ces déclinaisons visuelles et musicales visionnaires d’une œuvre de plus de 160 ans. Indice : estampe 49 qui symbolise le relais Hosokute dont la légende dit…

Le seigneur Hotta maltraitait les paysans. L’un d’eux, Sakura Sōgō, osa demander justice au shogun -un acte interdit. Il fut exécuté avec sa famille, mais son courage inspira le peuple. Dans la pièce kabuki Sakura no sóshi, Sōgō devient Asakura Tógo. Sur l’estampe de Kuniyoshi, le seigneur tyrannique est hanté par les fantômes de ses victimes. Une main fantôme caresse sa joue -une blague visuelle liée au nom de la station Hosokute (main étroite). Le décor montre des crânes et un corps en croix. La forme de l’encart évoque une fleur de cerisier, comme le nom de Sōgō.

Ces perfs’ visuelles sont diffusées dans, oui, à l’intérieur même de la fameuse piscine qui donne son nom au lieu artistique collectif et de rencontres, créé par l’association Human Soul qui « œuvre à promouvoir l’altérité, le dialogue et le lien social à travers la création contemporaine »expliquent Anne-Laure Maison et Michel Cam les co-fondateurs.

Dans la piscine dont on touche le fond avec élégance, il y a aussi des carpes qui s’entrecroisent, comme une respiration après la traversée de ces relais picaresques, pèlerinage rempli de légendes et d’un imaginaire accessible à tous.

La Piscine
Kuniyoshi, de l'estampe au pixel

La Piscine, 170 rue Jean-Jaurès, Brest. Mercredi, samedi, dimanche de 14h à 18h30. Entrée 4€, tarif réduit 2€. Un système de QR code et un livret accompagnent la lecture des 54 estampes-relais. Jusqu’au 28 juin 2026.

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Kuniyoshi, de l'estampe au pixel @lapiscine.lab
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Tag(s) : #la piscine, #brest, #de l'estampe au pixel, #kuniyoshi, #kisokaido, #Utagawa Kuniyoshi, #centre d'art contemporain
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