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Les enfants vont bien, drame de Nathan Ambrosioni (1h51)

Nathan Ambrosini
Les enfants vont bien

Un film d’une délicatesse et d’une économie telles, que seules les émotions de Jeanne (Camille Cottin) et des enfants (Monoâ Varvat et Nina Birman) filtrent et laissent un trouble durable en nous. Je me suis demandée comment Nathan Ambrosioni, si jeune (26 ans aujourd’hui, donc au moins 2 ou 3 ans de moins à la genèse du projet) avait pu atteindre cette perfection dans l’écriture, la réalisation et le montage de ce film. Mais surtout, surtout, cette incroyable maturité et intelligence émotionnelles. Ni en retenue, ni ne déborde. S’il a lui-même été confronté de loin ou de près à l’abandon, on aurait pu s’attendre à ce qu’il manque de recul, de distance ; s’il ne s’est inspiré d’aucune situation traumatique, on aurait pu s’attendre à du lyrisme, du pathos. Or, il reste, du début à la fin, sur cette fragile et tendre ligne de crête. Avec tact.

Évidemment, il a su s’entourer. Quoique fugace, l’apparition de Suzanne (Juliette Armanet qui s’impose au cinéma. Je suppose que c’est ce genre d’actrices dont on dit Quelle présence ! Magnétique) convainc. Il lui suffit de trois plans (dont un mélodieux, affirmant sa singularité).

Peut-être aussi la grâce a-t-elle touché notre réalisateur : Juliette Armanet (Suzanne) ressemble comme une jumelle à sa sœur de cinéma, Camille Cottin (Jeanne). Aussitôt, on lâche prise. On est embarqués.

Ou est-ce Nicole (Monia Chokri), l’ex de Jeanne que les enfants adorent. Si présente et si proche, d’instinct, des enfants, et de Jeanne, et distante à la fois.

Le père de Jeanne et Suzanne, Feodor Atkine, qu’il est impossible de qualifier. Feodor Atkine, quoi. Choisir cet acteur, dans un rôle immobile et taiseux, c’est rajouter du talent à la grâce.

Et puis, il y a les enfants, Gaspard et Margaux, qui bouleversent. Aux caractères complémentaires, à la fois doux et bien trempés.

Et puis les rôles secondaires qui n’en sont jamais.

Aucune réplique, aucune ligne de dialogue n’est superflue ou redondante et toutes vont dans le même sens, face à une situation qui les bousculent. Si Suzanne a choisi de faire confiance à sa sœur Jeanne pour élever ses enfants et partir en les abandonnant, ce n’est pas par hasard.

Jeanne et les enfants, deux solitudes qui se trouvent et se réparent.

J’ai aimé ce film où même en colère, les personnages se posent et s’accommodent. Où le présent et l’autre prennent toute la place. Alors oui, les enfants vont plutôt bien. Les uns et les autres vont plutôt bien. Oui, ils vont bien. Oui, ils sauront aller bien.

 

Au même moment, sur Arte.tv un documentaire étonnant fait écho au film : « Évaporés, les disparitions volontaires » de Andreas Hartmann et Arata Mori. Des portraits de Japonais à bout de leur existence qui, pour seule issue, s’évanouissent sans laisser de trace. Une économie s’est mise en place autour de ces évaporés.

Personne n’est à l’abri.

Et nous, que ferions-nous confrontés à une telle situation, de quelque côté que ce soit ?

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Tag(s) : #drame, #les enfants vont bien, #Camille cottin, #Juliette armanet, #mono varvat, #nina birman, #feodor atkine, #monia chokir, #nathan ambrosioni
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